La mort subite de son père, homme religieux, bouleverse son enfance et l'oriente vers l'apprentissage talmudique traditionnel. Son installation à Kiev pendant six ans marque sa première émancipation familiale. Il y découvre la sculpture en modelant des figures en terre et étudie à l'École d'Art de Sabatovski tout en gagnant sa vie chez un fabricant de boîtes de conserves.
Son arrivée parisienne en 1912 bénéficie de l'accueil chaleureux du sculpteur Marek Szwarc, témoignant de la solidarité qui unit les artistes immigrants de l'École de Paris. L'installation à la Ruche, haut lieu de la création cosmopolite, et le partage d'atelier avec Chaïm Soutine pendant deux ans l'intègrent immédiatement dans les cercles avant-gardistes.
La maladie qui survient un an après son arrivée constitue un tournant décisif : contrainte d'abandonner la sculpture, cette épreuve l'oriente définitivement vers la peinture. Cette reconversion forcée révèle sa capacité d'adaptation et sa détermination artistique.
En 1914, son engagement dans la Légion étrangère témoigne de son patriotisme français naissant, mais l'exemption pour raisons de santé confirme sa fragilité physique. De retour à la vie parisienne, il fréquente l'Académie Colarossi, complétant sa formation picturale.
Sa rencontre avec Vera Kremer enrichit sa trajectoire personnelle et politique. Fille d'Arkadi Kremer, fondateur du Bund (mouvement socialiste juif), elle l'inscrit dans les réseaux intellectuels progressistes. Leur mariage en 1926 coïncide avec sa maturité artistique.
Sa participation au Salon d'automne de 1928 avec "Femme assise" marque sa reconnaissance officielle. Après vingt-sept ans à la Ruche, son déménagement rue d'Odessa en 1934 signale une évolution sociale vers un quartier bourgeois, témoignant peut-être d'un succès artistique grandissant qui lui permet d'améliorer ses conditions de vie.