Installé à Paris en 1969, Georges Ayvayan débute par des activités alimentaires avant de pouvoir se vouer entièrement à la sculpture. La multiplication des expositions individuelles et collectives, à Paris et en province, lui permet cette transition professionnelle majeure.
Sa pratique artistique se caractérise par une approche quasi mystique : "Mon travail est ma prière", devise qu'il fait sienne en référence au sculpteur Léopold Kretz. Entre 1987 et 1989, il développe un rituel particulier en emballant et rangeant par périodes de 21 jours sa réalisation quotidienne dans des caisses de bois qu'il nomme ses "cercueils", aujourd'hui dispersées dans des collections privées.
Le 19 août 1998 marque une étape décisive : il entreprend un compte à rebours de 500 jours avant l'an 2000, s'imposant de créer quotidiennement une œuvre. Cette démarche, qu'il compare à l'épreuve périlleuse d'un funambule, vise à "vaincre son vertige" par la discipline créative.
Son univers artistique révèle un combat permanent contre la fatalité. Ses empilements, accumulations, routines et rituels témoignent d'une quête existentielle où l'art devient refuge et libération. Sa façon de figer le mouvement invite à la réflexion sur l'impossibilité d'agir, puisant la modernité dans "la poussière des siècles". Revendiquant son indépendance ("Moi, je n'appartiens à rien !"), il poursuit cette "folle aventure" créative qu'il s'est engagé à mener "jusqu'à son dernier souffle".